La révision de la TOB en 1988

 

Après la parution du Nouveau Testament TOB en 1972 et celle de l’Ancien en 1975, l’ensemble fut publié en un seul volume sous deux éditions. À côté de celle dite « avec notes intégrales » voyait le jour une édition plus réduite, dite « avec notes essentielles », ces dernières portant exclusivement sur les problèmes de texte ou de traduction, ainsi que sur le cadre historico-culturel nécessaire pour situer les livres. Il va de soi que les traductions proposées par ces deux éditions parallèles étaient strictement identiques et le resteraient au fur et à mesure des révisions à venir. La première fut envisagée dès les années 1980.

Une nécessaire mise à jour

Plusieurs raisons justifiaient cette mise à jour, qui s’impose d’ailleurs périodiquement à toute édition biblique.

En premier lieu les éditeurs avaient reçu de lecteurs exigeants des remarques ou des suggestions concernant la traduction ou son annotation. Justifiées ou non, ces remarques devaient toutes être examinées. Par ailleurs, sur certains points, notamment les sources du Pentateuque, la recherche évoluait ; ne fallait-il pas en tenir compte ?

En second lieu le très grand nombre de traducteurs mis au travail était cause d’une certaine diversité dans la traduction de certains mots ou de certains passages parallèles. Certes les évangiles synoptiques avaient été traduits de manière synoptique – c’est-à-dire que des libellés grecs identiques avaient été rendus en français de manières identiques – mais cela n’avait pas toujours été le cas par exemple pour les passages parallèles des livres des Chroniques et ceux des Rois. Une harmonisation s’avérait nécessaire.

En troisième lieu la Bible représente une telle masse de textes à traiter que, malgré le soin rigoureux apporté à leur travail par les équipes engagées, un certain nombre de mises au point restaient indispensables.

Une petite équipe se chargea de fixer le plan de travail : les pasteurs Jean-Marc Babut et Jean-Claude Margot du côté protestant, Mme Dominique Barrios-Auscher et le père Claude Wiener du côté catholique. Les deux coordinateurs furent J.-M. Babut pour l’A.T. et M. Pierre Geoltrain, de l’École pratique des Hautes Études (Paris), pour le N.T.

Le fait mérite d’être souligné : à de rares exceptions près il a été possible de réunir à nouveau les mêmes équipes. Plusieurs traducteurs tinrent spontanément à reprendre tel ou tel passage de leur premier travail. D’autres se sont réunis en groupes de volontaires pour contrôler la formulation des passages parallèles (en particulier les Chroniques et les Rois), harmoniser la traduction de certains termes, vérifier et compléter le système de ponts établis entre l’A.T. et le N.T. De leur côté, les éditeurs modifièrent la typographie et préparèrent de nouvelles cartes géographiques en couleurs. Fin 1988, la nouvelle TOB était prête.

 

Pasteur Jean-Marc Babut, un des artisans de l’édition complète de la TOB « avec notes essentielles » parue en 1975 et révisée en 1988 et 2010.​

 

La TOB 1988 : de quelques changements

« Par rapport à la première édition de l’A.T., l’introduction au Pentateuque a été profondément remaniée, en raison d’hypothèses actuelles mettant en cause la synthèse de J. Wellhausen qui, si longtemps, a dominé le champ de la critique. Avec les nuances requises, la TOB n’en reste pas moins favorable à la distinction entre les quatre courants qui se sont combinés pour donner le Pentateuque en son état définitif : tradition yahviste, élohiste – plus difficile à délimiter – deutéronomique et sacerdotale. […]

Le Nouveau Testament avait déjà fait l’objet d’une première révision, spécialement pour le IVe Évangile. Elle se retrouve dans le texte actuel. À titre d'exemple on comparera l’annotation du ch. 6 : des précisions doctrinales ont été ajoutées. Autre exemple, lié à la recherche actuelle sur les ministères : dans la TOB 1ère édition 1975, Phoebé était dite "diaconesse" de l'Église de Cenchrées (Rm 16,1) ; elle devient "ministre" avec une note plus développée : "Phoebé, peut-être la porteuse de l'épître, est appelée ministre ou serviteur (au masculin : diakonos), titre qui est donné dans le Nouveau Testament à Paul, Apollos, Tychique ou Epaphras (cf. 1 Co 3,5 ; 2 Co 3,6 ; 6,4; Ep 3,7 ; 6,21 ; Col 1,7.23.25). Certains pensent que ce terme désigne la fonction de diacre, assurée par une femme, en se référant à une interprétation possible de 1 Tm 3,11…"

La table alphabétique des notes principales combine celles qui se trouvaient dans les deux volumes séparés : ce sera donc un excellent instrument de travail. Les renvois en marge à d’autres lieux bibliques ont été augmentés, dans le but de mieux faire saisir l’unité interne de la Bible en son ensemble. »

 

P.  Édouard Cothenet, revue Esprit et Vie du 17 novembre 1988, p. 632)