La Bible, chemin de l'Unité ?

 

 La question fut posée par les pionniers de la TOB lorsque le premier livre traduit, l’Épître aux Romains, fut présenté en Sorbonne le 16 janvier 1967.

C’était leur espoir. Cela reste notre désir. Il y a cinquante ans, devant les divisions des Églises, qui aurait pensé pouvoir lire l’Écriture dans une même version pour y entendre la même Parole divine ? À l’expérience, sans doute, nous nous rendons compte que nous ne l’entendons pas toujours de la même manière. Mais, grâce à la TOB, un acte a été posé, « un acte de foi dans la puissance de l’Esprit ». Les premiers artisans souhaitaient « qu’une même exigence de vérité dans l’amour inspire, dans les différentes confessions, fidèles et pasteurs chargés de porter dans l’Église et dans le monde l’Évangile du Christ. » (voir p. 00)

Depuis cinquante ans les traductions interconfessionnelles se sont multipliées. La TOB reste unique : elle est non seulement traduction mais édition œcuménique. Des savants catholiques, protestants, orthodoxes, ont réalisé ce qui, en leur temps – et en le nôtre ? –, paraissait utopique : traduire et rédiger ensemble notes et introductions. Celles-ci sont littéraires, historiques, parfois théologiques, mais refusent de s’engager dans les débats doctrinaux. L’édition avec « notes essentielles » privilégie le texte et son contexte, celle avec « notes intégrales » offre une multitude d’informations et de pistes pour l’étude.

La TOB en est à sa deuxième révision générale. Elle s’est profondément inscrite dans le paysage culturel de nos sociétés et dans la francophonie. Les modifications sont nombreuses et d’importance variée. L’une d’entre elles – portant sur l’emploi du mot Juifs dans l’Évangile de Jean – deviendra, nous l’espérons, un élément du dialogue entre Juifs et chrétiens.

Sur le chemin de l’œcuménisme, cette révision vient de franchir une étape importante : les orthodoxes de France, qui avaient soutenus le projet dès les années 1960 sans pouvoir s’y investir pleinement, ont accru leur participation. Ils proposent désormais à leurs frères et sœurs catholiques et protestants de lire avec eux six autres livres de l’Ancien Testament, « bons à connaître », même s’ils n’ont pas la même autorité que le cœur du canon chrétien. Catholiques et protestants ne renoncent pas à leurs propres canons des Écritures – ils font l’objet d’un chapitre de cet ouvrage – mais ils acceptent de mieux connaître celui de leurs frères et sœurs orthodoxes.

Fondée pour accompagner la TOB dans ses mises à jour et sa diffusion, l’Association œcuménique pour la recherche biblique (AORB) se réjouit de cette avancée qui contribue à la profonde originalité de la TOB, aucune bible en français ne proposant ces livres jusqu’à ce jour.

Après bientôt cinquante ans, la TOB deviendrait-elle vraiment œcuménique ?

Les pages de ce site reviennent sur son histoire, ses choix, son impact dans les Églises et la société. Il rend hommage aux pionniers d’hier et aux défricheurs d’aujourd’hui. De 1961 à 2010, ils sont plus de 150 à avoir ainsi montré qu’ils « aimaient d’amour la Bible », selon l’expression de l’un d’eux, et que celle-ci, après avoir été au cœur des divisions entre chrétiens, pouvait se poser en signe de l’Unité cherchée, priée, espérée.

« La Bible, chemin de l’Unité ? » Que les lecteurs que nous sommes puissent transformer, dans la puissance de l’Esprit, le point d’interrogation en point d’exclamation !

 

 Le 30 septembre 2010, en la fête de Jérôme, grand traducteur de la Bible dans la langue de son temps,

 

Les Co-présidents de l’AORB :

Pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France

P. Nicolas Cernokrak, doyen de l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge

Mgr Francis Deniau, évêque émérite de Nevers